Lâorigine de son nom est incertaine, elle serait arabe et dĂ©riverait de lâexpression« bu hibab » (fruit aux nombreuses graines). Quant Ă son appellation latine, elle fait rĂ©fĂ©rence en premier au botaniste français Michel Adanson, un des premiers scientifiquesĂ sâĂȘtre intĂ©ressĂ© Ă lui, puis Ă la forme de ses feuilles en forme de doigts.
Du fait de ses nombreuses propriĂ©tĂ©s, le baobab est Ă©galement connu sous dâautres appellations :
âą Lâarbre bouteille en raison de la forme renflĂ©e de son tronc (ou caudex) dans
laquelle il met en rĂ©serve lâeau sous forme de sucs afin de se prĂ©server au mieuxdes longues pĂ©riodes de sĂ©cheresse. Câest pourquoi on le range parmi les plantes succulentes.
âą Lâarbre Ă lâenvers du fait de ses branches Ă©voquant des racines.

Sa durĂ©e de vie est trĂšs difficile Ă estimer du fait que la partie centrale du tronc se rĂ©sorbe au fil des ans. Aussi les chiffres jusquâici avancĂ©s (entre 1.000 et 3.000 ans, avec la possibilitĂ© dâatteindre les 6.000 ans) ne reposent-ils sur aucune base scientifique avĂ©rĂ©e. Il se pourrait donc que les spĂ©cimens monstrueux soient beaucoup plus jeunes quâon ne le croit ordinairement.
Ses feuilles sont consommées crues, cuites ou réduites en poudre. Cette derniÚre est secondairement incorporée dans les sauces ou mélangée aux céréales. TrÚs riches en calcium et en fer, les feuilles participent à la satisfaction des apports quotidiens recommandés en minéraux. Elles sont également utilisées par la médecine traditionnelle sous forme de tisanes et de compresses.
Le plus souvent de forme ovoïde, les fruits (baptisé pain de singe) mesurent entre 20 et 50 centimÚtres dans leur plus grand axe.
Le baobab est lâarbre emblĂ©matique de lâAfrique centrale. Il pousse aussi bien dans des rĂ©gions tropicales arides, semi-arides que lĂ©gĂšrement humides. Son territoire sâĂ©tend dâouest en est depuis les Ăźles du Cap Vert jusquâĂ lâEthiopie et du nord au sud depuis le Sahel au nord de lâAfrique du Sud.
Certaines espĂšces voisines
âą Lâarbre pharmacien car des extraits de ses feuilles, de ses fruits, de son Ă©corce et de ses racines sont largement utilisĂ©s en mĂ©decine traditionnelle.
âą Lâarbre magique.
âą Le symbole de la Terre.
Culminant Ă une vingtaine de mĂštres, Ă©ten-dant son feuillage sur une vingtaine de mĂštres Ă©galement, il est surtout impressionnant par la circonfĂ©rence de son tronc qui peut atteindre 40 mĂštres (soit un diamĂštre dâenviron 12 mĂštres) !
Ă lâintĂ©rieur dâune coque trĂšs dure, ils renferment une pulpe compartimentĂ©e par des cloisons fibreuses dâun rouge intense qui en rendent lâextraction difficile. Lorsquâelle arrive Ă maturitĂ©, cette pulpe est dâun blanc crĂ©meux, spontanĂ©ment dĂ©shydratĂ©e, poudreuseetprĂ©senteungoĂ»tlĂ©gĂšrement acidulĂ©. Elle se dĂ©compose en de nombreux agglomĂ©rats farineux qui recĂšlent dâinnombrables graines.

Les graines
Selon les rĂ©gions, elles sont consommĂ©es fraĂźches, grillĂ©es ou torrĂ©fiĂ©es en remplacement du cafĂ©.RĂ©duites en poudre, elles fournissent une farine riche en protĂ©ines (jusquâĂ 48%) et vitamine B1 (jusquâĂ 2%). PressĂ©es, elles dĂ©livrent une huile comestible, riche en acides gras appartenant aux trois grands familles dâomĂ©ga : 9 (acide olĂ©ique), 6 (acide linolĂ©ique) et 3 (acide alpha linolĂ©nique). Outre son usage alimentaire, cette huile est utilisĂ©e de façon traditionnelle pour soigner les brĂ»lures et plus rĂ©cemment, en cosmĂ©tologie pour prĂ©parer certaines crĂšmes du fait de son pouvoir hydratant et de sa stabilitĂ© naturelle.
Enfin, comme la pulpe, elle contient une teneur appréciable en adansonine.
Les coques
Quelles que soient les rĂ©gions, elles servent Ă fabriquer un grand nombre dâobjets utilitaires (assiettes, plateaux) ou esthĂ©tiques (bracelets, colliers).
Une pharmacie naturelle avec soi, le fruit du baobab
Un fruit bon, bon, bon Ă tout faire, une herboristerie Ă lui seul !
Selon le Centre international des cultures sous-exploitĂ©es de lâUniversitĂ© de Southampton (sud de la Grande-Bretagne), le pain de singe serait «un fruit de lâavenir», car riche en vitamines C, B1, B2 et regorgeant dâantioxydants.
Des scientifiques avancent mĂȘme quâil recĂšle jusquâĂ dix fois plus de vitamine C que les oranges et davantage de calcium quâun verre de lait. Le fruit de baobab est donc reconnu pour sa teneur Ă©levĂ©e en acide ascorbique (vitamine C) ; en particulier, 100 grammes de pulpe contiennent mg jusquâĂ 300 de vitamine C, 11.
Lâacide ascorbique est trĂšs important en tant quâĂ©lĂ©ment nutritionnel ou en tant que complĂ©ment alimentaire pour son action anti scorbutique et reste indispensable pour les personnes qui consomment peu de fruits et de lĂ©gumes. Son action antioxydante est trĂšs puissante pour combattre lâaction nĂ©faste des radicaux libres. Parce que câest lâantioxydant le plus efficace de la classe hydrophile ; dâailleurs, il participe Ă plusieurs processus mĂ©taboliques essentiels, comme la production de collagĂšne, la biosynthĂšse des tissus conjonctifs.
La pulpe de fruit bio

Quelques-unes des propriétés
Réduite en poudre, la pulpe entre dans la composition de la pùte à pain.
ParticuliÚrement prisée des femmes enceintes, elle est également utilisée comme aliment des nourrissons.
DiluĂ©e dans de lâeau ou du lait, elle participe au SĂ©nĂ©gal Ă la confection de la bouye, boisson rafraĂźchissante et revitalisante traditionnelle.
Au Soudan, elle est fréquemment mélangée à de la mérissa, boisson fermentée préparée à partir du sorgho dont le goût rappelle celui de la biÚre.
Elle est aussi utilisée comme fébrifuge, antalgique, antidiarrhéique et dans le traitement de la variole et de la rougeole.
Comme dâautre part, elle contient de lâadansonine, un alcaloĂŻde antidote naturel de la strophantine elle sert quelquefois Ă dĂ©contaminer les viandes provenant dâanimaux tuĂ©s Ă la chasse.
Dans certaines rĂ©gions, la pulpe est brĂ»lĂ©e afin de dâĂ©carter les insectes qui pullulent et transmettent nombre de parasites Ă lâhomme Ă au bĂ©tail. PropriĂ©tĂ©s nutritionnelles de la pulpe de Baobab et des neurotransmetteurs, des hormones (stĂ©roĂŻdes), lâacide ascorbique augmente lâassimilation et la biodisponibilitĂ© du calcium et du fer. Il est reconnu comme agent prĂ©ventif de plusieurs maladies dĂ©gĂ©nĂ©ratives, comme la cataracte les risques cardiovasculaires, lâartĂ©riosclĂ©rose.
Les apports journaliers recommandĂ©s (AJR) pour lâacide ascorbique est de 75 mg pour des femmes et 90 pour les hommes ; si nous considĂ©rons que lâacide ascorbique contenu dans la pulpe de baobab est mg 300 par 100 grammes de pulpe, la prise orale de 25 et 30 grammes peut couvrir respectivement les apports de vitamine C des humains.
Du fait de sa teneur Ă©quilibrĂ©e en anti-oxydants hydrophiles (vitamine C, flavonoĂŻdes) et lipophiles (bĂȘta carotĂšne, acide alpha linolĂ©nique), la pulpe du fruit de baobab est un vĂ©ritable antioxydant global. Cette teneur protĂšge donc des attaques des radicaux libres toutes les structures cellulaires.
En mesurant les scores antioxydants par la mesure ORAC de plusieurs fruits, la pulpe de Baobab est 4 fois plus puissante quâun kiwi, 10 fois plus quâune orange 15 fois plus quâune pomme.

Capacité Intégrale antioxydante (orac) comparative hydosoluble et liposoluble
âą Fruit baobab pulp 11,11
âą Dry Leaves 8,74
âą Fruit glycolic extract 1,02
âą Leaves glycolic extract 4,41
âą Kiwi fruit Pulp 0,344
âą Orange fresh Pulp 0,103
âą Strawberry fresh Pulp 0,906
âą Apple fresh Pulp 0,162
âą 90% OPC Vegetal extract 10,25
La puple du fruit du baobab possÚde également des propriétés anti-inflammatoires, antalgiques et antipyrétiques notables :
en effet, 500 mg/kg de pulpe de fruit ont une activitĂ© anti-inflammatoire comparable Ă 15 mg/kg de phĂ©nylbutazone (un antiinflammatoire longtemps considĂ©rĂ© comme rĂ©fĂ©rence) ou 50 mg/kg dâaspirine. Cet effet pourrait ĂȘtre en lien avec la prĂ©sence de stĂ©rols, de saponines et de tri terpĂšnes.
La fraction des fibres solubles quâelle contient a des vertus prĂ© biotiques (Fructo Oligosaccharides) câest-Ă -dire quâelle facilite le dĂ©veloppement de bactĂ©ries utiles Ă notre organisme, notamment les bifidobactĂ©ries suivantes : B. longum, B. infantis, B. bifidum etc. Quant Ă la fraction insoluble, elle exerce un effet de ballast qui favorise lâĂ©mission rĂ©guliĂšre de selles et Ă©vite la constipation.
La pulpe est Ă©galement un bon anti-diarrhĂ©iqueet un excellent rĂ©hydratant Lors dâune Ă©tude menĂ©e chez 160 nourrissons ĂągĂ©s de 8 mois en moyenne et prĂ©sentant des troubles dysentĂ©riques, elle sâest montrĂ©e aussi efficace que la solution de lâOMS. Les tanins (astringents) et mucilages (absorbants) quâelle contient seraient les principes actifs responsables de cet effet .

La pulpe de Baobab est une source de nombreux autres micronutriments : la pulpe apporte dâavantage de calcium quâun verre de lait
Principaux constituants nutritionnels :
⹠Acides aminés pour 100 g de protéines :
-Proline 2.35g
-Histidine 2.71g
-Leucine 8.41mg
-Lysine 14.62g
-Arginine 6.04g
-Isoleucine 10.73g
-Méthionine .92g
-Cystéine 11.23g
-Acide
Glutamique 4.02g
-Valine 1.62g
-Tyrosine 4.21g
-Tryptophane 1.49g
-Thréonine 2.96g
âą Valeur en carbohydrates pour 100 g de pulpe de fruit de Baobab :
-Glucose 8.47mg
-Fructose 17.93mg
-Saccharose 10.21mg
-Maltose N.D.
-Polysaccharides solubles 10.21mg
-Amidon 48.10mg
⹠Teneur en principaux minéraux pour 100g de pulpe de fruit :
Calcium 293-300mg (davantage de calcium SantĂ© quâun Ă deux verres de lait.)
-Phosphore 96210mg
-Fer 7mg
-Potassium 2.31g
-Sodium 1.86mg
-Magnésium 0.10mg
-Zinc 0.064mg
-ManganĂšse 2.07mg
âą Teneur en vitamines pour 100g:
-Vit.C 200-300mg
-Total carotĂšnes (Vit. A) 200mcg
-Vit.B1 (thiamine) 0.038mg Vit.B2
(riboflavine) 0.06mg
-Vit.B6 (pyridoxine) 2.13”g
-Vit.PP (niacine) 2.16mg
⹠Fibres diététiques 44.0% :
Constituents: fibres diététiques solubles 22.00%
-Fibres diététiques insolubles 22.00%
-Cellulose 1.5%
-Cendres 1.98%
-Valeur énergétique 200 Kcal/100g
-836 Kj/100g

Une richesse en acides aminĂ©s prĂ©cieux La L-proline est lâun des composants essentiels de certaines fibres de collagĂšne, et sous forme dâhydroxyproline des cartilages articulaires.
Elle nâest pas considĂ©rĂ©e comme un acide aminĂ© essentiel parce que notre organisme sait la synthĂ©tiser. Mais, avec lâĂąge (parfois avant 40 ans), notre organisme nâen produit plus suffisamment, alors les fibres collagĂšnes et les cartilages sâaltĂšrent peu Ă peu. Les tissus sous-cutanĂ©s se distendent, lâarthrose fait son apparition et sâĂ©tend.
Quant Ă lâhistidine, elle participe Ă la structure de nombreuses molĂ©cules protĂ©iques (carnosine, histamine notamment) ou Ă la fixation dâions mĂ©talliques indispensables (le fer pour lâhĂ©moglobine du sang et la myoglobine des muscles, le zinc pour la collagĂ©nase…), intervient dans la plupart des rĂ©actions de transfert dâĂ©nergie au coeur des cellules, contribue Ă la rĂ©gulation du pH sanguin…
Nâexposant quâĂ un risque allergisant faible, elle sert dâailleurs dâexcipient Ă la prĂ©paration de certains mĂ©dicaments : paracĂ©tamol, thĂ©ophylline LP…
Ne contenant pas de gluten, elle peut ĂȘtre consommĂ©e par les personnes prĂ©sentant une maladie coeliaque.
Des utilisations multiples pour la pulpe de baobab lâextrait de pulpe de fruit de baobab est disponible en tant que complĂ©ment alimentaire. On le trouve en label Bio de prĂ©fĂ©rence.
Il est employé au cours :
Des périodes de convalescence :
A la suite, ou au cours dâune maladie, dâun Ă©pisode infectieux, dâune opĂ©ration, dâun alaitement, dâun stress Ă©motionnel important, dâune fatigue passagĂšre, ou saisonniĂšre.
Sa richesse en vitamines, minĂ©raux, aci-des aminĂ©s en fait un excellent rĂ©gĂ©nĂ©rant. La pulpe de graines de baobab ne contient pas de gluten et peut ĂȘtre consommĂ©e par les personnes intolĂ©rantes au gluten.
Régimes végétariens pauvres en protéines et fer.
Chez les enfants :
En pĂ©riode de croissance, par sa richesse nutritionnelle la pulpe de baobab, va apporter un grand Zombre de vitamines et minĂ©raux ainsi que les acides aminĂ©s indispensables Ă une croissance harmonieuse comblant les carences dâune nourriture moderne et pauvre en nutriments.

Lors dâune activitĂ© sportive rĂ©guliĂšre :
Depuis quelques annĂ©es, une sociĂ©tĂ© italienne commercialise nombre de produits dĂ©rivĂ©s du baobab et fait sa publicitĂ© de lâusage quâen font de nombreux athlĂštes (cyclistes, footballeurs, et mĂȘme un pilote de formule 1) qui rapportent lâamĂ©lioration de leurs performances Ă la consommation de ces extraits. Le cycliste Damiano Cunego, vainqueur du Tour dâItalie en 2004, en consomme. Des athlĂštes pendant les derniers jeux olympiques en ont consommĂ© Ă©galement, participant sans doute efficacement Ă leurs bonnes performances.
Des troubles du transit intestinal :
aussi bien au cours des diarrhées que des épisodes de constipation.
Cependant en cas de diarrhée, si son efficacité ne se manifeste pas dans les 2 à 6 heures, il est fortement recommandé de consulter : une infection microbienne est alors fortement à suspecter, nécessitant un traitement antiseptique.
De certaines maladies rhumatismales :
arthrose en particulier par lâapport de micronutriments indispensables ( acides aminĂ©s).
Dâaffections inflammatoires :
arthrose, arthrite, maladies intestinales inflammatoires.
Certains auteurs font également mention de son usage dans la :
prĂ©vention du vieillissement, au cours du diabĂšte, des affections respiratoires, des maladies cardiovasculaires et neuro-dĂ©gĂ©nĂ©ratives, voire auto-immunes …
Développement économique durable et écologie
Comme les Africains tirent bénéfice de toutes les parties de cet arbre, le baobab était une espÚce menacée.
Situation qui aurait été sérieusement aggravée avec la volonté locale de faire une ressource financiÚre des produits du bois de cet arbre.
En recueillant les fruits pour commercialiser la pulpe, les Africains ont pris conscience quâil fallait prĂ©server et protĂ©ger le baobab.
Aussi, une culture intensive dâune espĂšce de taille plus petite a Ă©tĂ© entreprise, permettant de satisfaire ces deux exigences fondamentales.
Il est Ă noter que les fruits du baobab nâĂ©taient pas valorisĂ©s, 80 % dâentre eux tombaient Ă terre et pourrissaient.
Aujourdâhui lâexploitation de cette ressource, dans un vaste projet de dĂ©veloppement durable a permis de crĂ©er 200 emplois au nord du SĂ©nĂ©gal, et de faire vivre plus de 450 familles dans la rĂ©gion de Thies. La valorisation de cette ressource non utilisĂ©e auparavant, a apportĂ© sans conteste une amĂ©lioration du niveau de vie de ces populations .
